Si j'étais ambassadeur

Si j'étais ambassadeur, j'aurais aimé être ambassadeur non pas d'un pays, mais d'une région : LA PATAGONIE. Si j'étais ambassadeur de la Patagonie, je commencerais par expliquer que cette région est à cheval sur deux pays, mais que là comme ailleurs, les frontières sont seulement politiques. La Patagonie est bien une seule et entière.

Territoire de la démesure que se partagent l'Argentine et le Chili, à l'extrême sud su continent Américain, là où la terre, après s'être éparpillée en une myriade de petites îles, de canaux et de fjords, s'incline définitivement face à l'océan, là-bas à l'île de Horn, au Cap Horn.

Son éloignement et les conditions rudes qui la caractérisent, furent une protection contre les vagues migratoires et le tourisme de masse. C'est une terre qui se mérite et le respect y est obligatoire.

Ce territoire, situé aux confins du monde, est très largement méconnu des européens, cependant, ce qui est paradoxal, c'est que tout un chacun est capable de lui attribuer des caractéristiques. Un imaginaire semble donc lui être attaché...

Longtemps, la Patagonie fut essentiellement une affaire de marins, parmi les plus célèbres : Magellan, Bougainville, Fitz Roy, pour qui elle n'était qu'un obstacle, tout n'était que vide, tristesse et désolation. Darwin avait même écrit - "sur cette Terre s'étend la malédiction de la stérilité" - c'est dire l'image pitoyable que l'on en avait à l'époque.

Mais aujourd'hui les regards se sont inversés, la Patagonie n'est plus un obstacle mais un spectacle, et quel spectacle !!! Ccelui d'une nature prodigieuse, aux splendeurs insoupçonnées, globalement épargnée.

La Patagonie et ses Hommes

Si j'étais ambassadeur de la Patagonie, j'aurais aimé vous présenter ses Hommes qui l'habitent. Tout d'abord comment ne pas parler des gauchos et de leur vie si singulière, simple et enviable. Une vie à l'état sauvage, en harmonie avec la nature. Être gaucho, c'est évoluer sur un territoire sans limites. Tout le travail est lié au bétail, en suivant le cycle des saisons et en s'adaptant au temps, aux éléments. Pour eux, pas de dimanches, pas de jours fériés, pas d'heures, pas de grèves. Tous les jours ont leur même routine, et les habitudes si variées. Le gaucho, commence ça journée tôt, quand le soleil se lève en général. Il prépare sont maté et commencera sa journée avec une certaine compagnie gustative.

Le vent souffle presque toujours dehors. Un temps à ne pas sortir de si bonne heure. Pourtant le gaucho, ira préparer son cheval, son vrai et unique ami, fidèle. Toute la journée à pied, à cheval, avec l'aide d'autres gauchos, de chiens ; ils iront regrouper le bétail, marquer les animaux, réparer les clôtures, à la recherche d'animaux égarés, voire même suivre la piste d'un éventuel puma. Le gaucho est armé d'un simple "facón", un couteau, qu'il gardera en général toute sa vie. Il s'en sert pour travailler, pour manger, pour se défendre s'il le faut.

Les gauchos vivent dans un univers rugueux, masculin, renfermé. Ce sont des hommes qui fascinent. À leur contact on se sent rassurés, protégés. Des Hommes comme il n'en existe plus vraiment ailleurs. Ils voyagent à cheval au milieu de la steppe patagonienne. Ils ont le visage marqué, les mains rugueuses, le regard perçant... Si j'était ambassadeur je leur remettrais la médaille de la légion d'honneur.

Et en parlant des vrais Hommes, comment ne pas parler des marins, des pêcheurs ? On est bien loin de la pêche industrielle qui fait tellement de ravages. Je vous parle de ces petites embarcations colorées, de couleurs vives qui égaillent les décors qui, en Patagonie, sont souvent sombres. Ces embarcations de fortunes naviguent sur les mers et océans qui ont fait la légende de cette région. La Patagonie est soumise à un maître absolu, le vent, car la Patagonie est à cheval entre les 40ème rugissant, et les 50ème hurlant. Ces hommes partent en mer, des journées entières, des semaines parfois... Le vent glacial ne les refroidit pas. Ils n'ont pas le choix.

C'est leur vie, leur univers, c'est LA PATAGONIE...

A propos de La Patagonie

Le territoire de la Patagonie fut découvert par le grand explorateur Fernando de Magellan. Les récits des premières explorations décrivent la rencontre avec des hommes beaucoup plus grands que la moyenne européenne. Magellan dénomma ces habitants farouches les "Patagons". On continue de supposer que ce terme leur fut attribué pour la taille de leurs grands pieds ("Pata" en espagnol), bien que l'origine n'a véritablement jamais pu être confirmée.

Quelques informations

  • Superficie : 1 140 532 km²
  • Population : 4 300 000 habitants
  • Densité de population : 3,8 hab./km²
  • Langue : Espagnol (castillan)
  • Région : Sud, à cheval entre l'Argentine et le Chili

Les 20 % de ces terres sauvages se trouvent sur le territoire chilien, et le reste en Argentine. Car n'en déplaise aux argentins, la Patagonie est une terre partagée avec les chiliens.

La partie chilienne est plus sauvage et bien plus humide. La partie argentine plus vaste et plus ensoleillée.

Les chiliens rencontrés sur la route, blaguent souvent, et combien de fois ai-je entendu ? : "hay una sola Patagonia, y es chilena..." (Il n'y a qu'une seule Patagonie, et elle est chilienne).

Quels charmes peut donc posséder cette région australe pour exercer une telle fascination sur tant d'hommes, toutes époques confondues ?

En effet, la Patagonie déclenche en nous tous, je pense, une image rêveuse de liberté, d'un monde encore préservé, éloigné et isolé du reste du monde.

Et oui, je vis en Patagonie ! Quel privilège je me dis souvent...